La Kalmoukie, république bouddhiste du nord-ouest de la Caspienne, est régentée par un milliardaire qui a fait des échecs une quasi-religion d’Etat.
Leninskaïaa plochtchad – la place Lénine – se situe au centre d’Elista. C’est de cette place que commence la prospekt Chakhmatov, l’avenue des Echecs, qui longe le monument du joueur d’échecs avant de continuer en direction du sud-ouest, vers le Daghestan et la Tchétchénie, à travers l’aride steppe kalmouke.
Elista est la seule capitale au monde qui possède une avenue dédiée au jeu d’échecs. Et son gouverneur, le milliardaire Kirsan Ilioumjinov, est également le président de la Fédération internationale des échecs (FIDE). Le jeu des échecs est la raison d’être de cette minuscule République de l’absurde.
En Kalmoukie, les échecs sont enseignés à l’école et imposés à tous, qu’ils soient enfants, commerçants, retraités ou femmes au foyer. Ilot bouddhiste coincé entre des républiques musulmanes et orthodoxes, la Kalmoukie est protégée et reste à l’écart de ses turbulents voisins grâce à l’étendue aride et vide de la steppe, peuplée de brebis et de chameaux. Elle est l’une des trois républiques bouddhistes russes, avec la république de Touva et la république de Bouriatie.
D’une superficie comparable à celle de l’Ecosse, mais avec une population quatre fois moins importante que celle de Milan, le pays est dirigé par l’un des gouverneurs les plus autoritaires de la Fédération russe. Les Kalmouks, peuple mongol venu de Chine et des steppes du Kazakhstan, sont fiers d’être les seuls représentants de la culture asiatique en Europe.
Dans la Fédération russe, douze champions d’échecs sur vingt sont originaires d’Elista. Les règles du jeu sont enseignées à tous les enfants, sans exception, dès la maternelle et l’école primaire. “Mais seuls les élèves les plus prometteurs sont envoyés dans des écoles spéciales”, explique le responsable d’un bureau de l’immeuble de la City Chess.
Les rues y sont dédiées aux tours, aux rois et aux dames de l’échiquier, les lampadaires sont ornés de fantaisies bouddhistes, et les ruelles disposées en éventail donnent directement sur l’étendue déserte de la steppe. Comme il n’y avait pas assez d’argent, la City Chess est restée inachevée…
(Source : Les échecs, raison d’être de la Kalmoukie
Caroline Poiron/fedephoto )
Elista : La ville des échecs
Publié par
Pitou
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